Le cerveau, plus on s'en sert et moins il s'use

Assemblée générale des anciens exploitants de la FDSEA de la Drôme

Le cerveau, plus on s’en sert et moins il s’use
Réunis à Chabeuil, sous la présidence de Marie-Chantal Charignon, les aînés de la section des anciens exploitants de la FDSEA de la Drôme ont tenu leur assemblée générale ce mardi 5 décembre 2017. Qui dit retraité dit inactif ? Pas si sûr. Dressant le bilan d’activité et se projetant dans l’avenir, les anciens font la démonstration d’une énergie sans cesse renouvelée.

Devant une soixantaine d’anciens – honorés de la présence de leur invité, le président ardéchois Marcel Volle, vice-président national et président régional Auvergne-Rhône-Alpes des sections des anciens – les aînés font le point sur les activités. Surtout, ils manifestent leur mécontentement envers la MSA, suite à « l’erreur regrettable » commise par la Caisse centrale, conduisant beaucoup à s’interroger sur leurs retraites à quelques jours de Noël.

Une motion pour la Chambre d’agriculture

Auparavant, ils abordent la motion rédigée à l’attention de la Chambre d’agriculture, par laquelle ils affirment leur attachement à leur collège. En effet, dans son rapport annuel rendu public le 8 février 2017, afin d’accélérer la restructuration du réseau des Chambres d’agriculture et dans le but surtout de faire des économies, la Cour des comptes recommande de simplifier la gouvernance des établissements et de réduire le nombre des élus au sein des sessions des Chambres départementales d’agriculture. Les anciens craignent donc que leur collège soit purement et simplement supprimé.

Contre la suppression du collège des anciens

C’est la raison pour laquelle ils souhaitent déposer une motion qui demande le maintien de ce 4° collège. Ils veulent que soit reconnu le travail accompli pour le développement agricole par ces générations d’agriculteurs qu’ils représentent ; aussi permettre à certains, déjà élus et ayant atteint l’âge de la retraite, de pouvoir poursuivre leur engagement au service du développement agricole. Ce collège donne la possibilité aux anciens exploitants d’exprimer leur point de vue, d’apporter leur vision de l’agriculture et de partager leurs expériences, également un certain recul dans la prise de décision. Pas de motion sans un accord du Bureau des anciens, mais la présidente Marie-Chantal Charignon choisit d’élargir le débat, d’où un exposé lors de l’assemblée générale.

Le soutien de la Chambre ?

La discussion s’engage et Pierre Vidalenche subodore qu’après le collège des anciens, c’est celui des bailleurs qui risquerait d’être supprimé. Ce que confirme Marcel Volle, notant que d’autres collèges sont visés, dont par exemple celui de la coopération. Il note qu’en Ardèche, une motion similaire à la motion drômoise devrait être soumise au vote en mars. Les anciens se demandent si le soutien de la Chambre d’agriculture n’est pas défaillant. Mais Marie-Chantal Charignon fait valoir que la présidente de la Chambre, Anne-Claire Vial, veut défendre le collège directement devant le préfet, sans qu’une motion soit préalablement déposée. Sans mettre en doute la volonté de madame Vial, Marcel Volle souligne que « la motion passe par la préfecture, elle est donc un plus ».

Bug de la MSA

L’erreur sur le calcul des versements des retraites, révélée par la Caisse centrale de la MSA (voir FD’info n°14), suscite ensuite un fort mécontentement de la part des anciens. En effet, du fait d’un trop-perçu sur une durée de dix mois, il se peut que certains contribuables changent de tranche fiscale et voient leur imposition augmenter alors même qu’ils devront rembourser le trop-perçu, vraisemblablement sur une durée de quatre mois, et ce dès décembre 2017. « C’est leur faute et c’est nous qui devons faire un recours » auprès des services fiscaux, se lamentent les anciens d’une seule voix.

Une promesse électorale enfin tenue

Marcel Volle se félicite de l’augmentation à hauteur de 75% du SMIC, promise et réalisée par le président François Hollande. L’augmentation porte le montant de la retraite à environ 860 euros pour qui a effectué une carrière complète. Non sans humour, il remarque par ailleurs que la retraite de base a connu une augmentation de 0,8% passant de 280 à 282 euros, soit l’équivalent d’environ deux baguettes de pain par mois ! Il juge enfin « intolérable » l’absence de toute augmentation pour les conjointes.

Une erreur qualifiée d’ « inadmissible »

C’est très précisément sur le calcul de ces 75% du SMIC que la MSA s’est trompée. « Ce n’est pas une erreur, assène Marcel Volle, c’est une faute », soulignant le fait que « ce n’est pas l’homme qui parle, c’est le syndicaliste aîné ». Le message a été transmis à Henry Jouve, président de la MSA Ardèche-Drôme-Loire, lequel aurait qualifié ce couac de « petit désagrément », faisant porter la responsabilité du « désagrément » à l’outil informatique. Pour Marcel Volle, c’est « inadmissible ».

Après le droit à l’erreur, le droit à la faute ?

La parole est alors donnée à Guy Peran, intervenant au titre de la MSA. Il répond avec diplomatie aux anciens qui viennent d’ovationner Marcel Volle. Relevant que le couac est d’origine nationale et non locale, M. Peran concède qu’il s’agit bien d’une faute.

Guy Peran intervient au titre de la MSA, en accord avec les considérations sans ambages des anciens

Il précise que la caisse locale étudiera avec bienveillance, au cas par cas, toutes les demandes de recours amiable. Mais il note que les retenues sur les prochaines retraites interviendront dès décembre, sur directive nationale, rendant les recours obsolètes une fois les sommes récupérées. Il note que le conseil d’administration de la caisse MSA-ADL n’a pas délibéré et se trouve donc placé devant le fait accompli.

Une lettre de la MSA sans contenu

Il partage le désarroi des anciens et indique que le standard téléphonique de la MSA explose sous les demandes. A quoi les anciens rétorquent qu’après de nombreux appels, ils n’obtiennent aucune réponse précise. En effet, le personnel dédié - capable de préciser les conséquences fiscales pour chaque cas particulier - fait cruellement défaut. Guy Peran informe cependant, qu’après un premier courrier qui n’aurait jamais dû partir – puisque rédigé de manière très vague, sans le souci d’expliquer les choses – un second courrier plus détaillé, véritablement informatif, sera adressé à chaque allocataire.

Un recours devant le fisc

« C’est inadmissible, finit-il aussi par lâcher, des erreurs comme celles-là ne devraient pas arriver ». Les anciens déplorent que la gente administrative prenne le dessus sur les professionnels, puisque le conseil d’administration de la MSA n’a pas été consulté. Un courrier sera adressé aux services fiscaux afin d’obtenir qu’une attention particulière et bienveillante soit réservée aux anciens exploitants. Le combat syndical reprend aussitôt. En effet, Marcel Volle exhorte le Gouvernement à revaloriser la retraite à hauteur de 960 euros par mois, soit 85% du SMIC. Il appelle à l’union avec les actifs pour porter cette revendication et partager ce combat syndical.

Pour une revalorisation des retraites

A quoi Chantal Chancrin, présidente de la fédération Groupama de la Drôme, applaudit des deux mains. « Nous essayons d’être à votre écoute et vous encourageons à faire remonter aux élus vos désaccords. Nous sommes là pour vous aider. Vous avez travaillé toute votre vie, vous avez droit à la tranquillité et pas besoin de vous livrer à des paperasses sans fin… ».

De réunions en réunions

Les réunions au niveau national, régional et départemental sont évoquées. Marie-Chantal Charignon remercie chaleureusement les anciens de leur participation régulière lors des nombreux échanges avec les élus de la République. Avec Marcel Volle, une revue des rencontres régionales est faite, notamment la récente réunion régionale à Saint-Paulien près du Puy-en-Velay. La prochaine aura lieu dans le Cantal.

Les voyagent forment les anciens

Les différents voyages effectués par la section et les prochaines destinations retenues par le conseil d’administration sont alors présentées. Après la Camargue en 2017, l’Alsace et la journée pique-nique, les anciens proposent pour 2018 deux escapades, sur un jour chacune, l’une en Ardèche, avec une visite de la caverne du Pont-d’Arc assortie d’un spectacle vivant autour de la figure emblématique de Jean-Ferrat, l’autre au cœur de la mine de Saint-Etienne, avec une visite commentée de l’espace découverte de la source Badoit à Saint-Galmier. Un voyage en Bretagne, d’une durée d’une semaine, est également proposé pour octobre, avec de nombreuses visites au programme, dont le fameux Mont-Saint-Michel, la Côte de Granit rose, la grande plage de Trestraou, la découverte de la ville de Nantes… Une vingtaine d’Anciens se montre aussitôt intéressée.

Une volonté de s’informer

Appréciant la nouvelle formule du « FD’Info », transmis seulement par voie numérique, les anciens regrettent qu’une version papier ne soit pas disponible. Beaucoup n’ont pas accès au web ou maîtrisent peu ou mal les nouvelles technologies de l’information. Sandrine Roussin, vice-présidente de la FDSEA, se dit sensible à cette demande et envisage la réalisation d’un support papier, mais elle s’interroge sur les contenus éditoriaux les plus pertinents. Le « FD’info », bimensuel articulé à l’actualité immédiate, peut-il convenir à une édition papier qui paraîtrait quatre fois par an ? Une réflexion doit s’engager.

Un président satisfait…

Grégory Chardon est également très applaudi sitôt la fin de son intervention. Il se félicite de l’activité débordante des anciens, toujours prêts à prêter main forte dans la vie du syndicat. Ainsi salue-t-il l’implication des aînés lors de la fête des labours de l’été dernier, mais aussi, par exemple, à l’occasion des mobilisations contre la prédation par le loup. Il se réjouit des voyages organisés par la section, aussi des perspectives pour l’avenir et assure de son soutien les anciens qui souffrent, notamment les personnes malades ou hospitalisées.

…par un un échange constructif

Madame Charignon affirme au président que « la confiance est là ». Elle a apprécié la qualité d’écoute du président et sa capacité à traduire en actes ses propos. Grégory Chardon souhaite que les anciens s’emparent des problèmes qu’ils rencontrent et les lui transmettent. Il évoque notamment les calamités qui ont donné lieu à des enquêtes de la DDT. « La FDSEA est derrière vous. Nous pouvons cosigner des actions ensemble. Nous sommes dans la continuité de vos actions ». Avant de conclure par « bonne retraite papa », qu’il lance en direction de son père Hervé Chardon, « bonne retraite à vous tous réunis ! ». La FDSEA de la Drôme est une famille.

Groupama accompagne les anciens

Chantal Chancrin intervient pour Groupama à de nombreuses reprises lors de l’assemblée générale. Des questions diverses sont abordées. Par exemple, quelle est la législation pour la conduite des tracteurs lorsque l’on est retraité ? En cas d’accident, que se passe-t-il ? Et si un tracteur est prêté ?…

« Vous êtes un ancien exploitant, vous êtes donc assuré… », lance madame Chancrin. Cependant, devant la technicité des questions, elle propose de mettre en place une réunion d’information en partenariat avec la MSA, la Chambre d’agriculture et la FDSEA, qui permettra à des experts de répondre plus avant. Elle appelle aussi à la plus grande vigilance : les tracteurs sont de plus en plus imposants ; la réglementation évolue constamment : il faut se tenir informé(e).

Une intervention de la MSA

Comment bien vieillir ? C’est la thématique abordée par Anne-Véronique Clément, assistante sociale intervenant pour la mutuelle agricole sur le nord Drôme. La MSA s’attache à répondre aux questions liées au vieillissement : elle a mis en place des politiques innovantes d’animation en milieu rural afin d’aider les personnes âgées à rompre leur isolement, à préserver leurs liens sociaux et à accéder à la culture et aux loisirs.

Autour de la mémoire
Egarer ses clés, oublier un rendez-vous, ne plus se souvenir du titre d’un film… La mémoire nous joue des tours. Avec l’âge, le cerveau perd de sa capacité à retenir les informations. Grâce à une méthode originale et ludique, les anciens comprennent que la pratique d’une activité physique régulière, une gymnastique intellectuelle et une bonne hygiène de vie, contribuent à entretenir la mémoire. Les dix séances d’environ 2 h 30 sont gratuites et animées par des bénévoles formés à la méthode. Les groupes se composent de 8 à 15 personnes qui souhaitent entretenir et cultiver leur mémoire. Comme le disait Albert Jacquard, célèbre généticien et grand humaniste, « le cerveau, c’est le contraire de la pile  Wonder. Plus on s’en sert, moins il s’use ! ».

Mutualia s’engage pour la santé des anciens

Forte de son expérience, Mutualia se mobilise afin d’améliorer l’accès aux soins des seniors. C’est dans cette démarche que la mutuelle a choisi de mettre en place une offre spécifique pour les anciens exploitants adhérents de la FDSEA de la Drôme.

Ainsi, ils bénéficient de garanties adaptées aux retraités avec un rapport qualité-prix particulièrement compétitif. Les adhésions se trouvent simplifiées, sans délai d’attente fastidieux ni de questionnaire médical.

Les Anciens réunis lors de l’Assemblée générale du 5 décembre 2017

Les ressortissants agricoles ont accès à un décompte unique de leurs remboursements (MSA-Mutualia) et s’inscrivent dans un réseau de soins optiques pour des verres de qualité à prix réduits. Des remboursements simplifiés, grâce au tiers-payant chez de nombreux professionnels de santé, sont mis en place. La transmission des données est immédiate, grâce à l’outil de télétransmission des documents. Sur le web, un espace dédié permet de suivre les remboursements, de gérer sans se déplacer les données personnelles et d’accéder aux informations utiles mises à jour ainsi qu’aux différents programme de parrainage. Enfin, en cas de coup dur, Mutualia propose une assistance 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, avec des conseils, une assistance vie quotidienne (aide ménagère, garde d’animaux, aide psychologique, service d’informations…).

A.T.

 

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